PIERRE DE PATIENCE


CALENDRIER | DOSSIER PIERRE DE PATIENCE | FICHE FINANCIÈRE


 

Dans Kaboul bombardée, une jeune femme veille son mari, un héros de la guerre plongé dans le coma.
 
La balle qui reste encore fichée dans sa nuque contraint le corps du malade à l’immobilité et sa gardienne à la réclusion dans sa propre maison.
 
Impuissante et solitaire, forcée à un dévouement total pour un mari brutal et âgé qui n’a pas su l’aimer, elle libère peu à peu une parole qui, par-delà la litanie des peines et des injustices subies, osera s’aventurer jusqu’à l’affirmation de soi et l’incandescence du désir.
 
La parole de la femme s’impose comme détentrice d’une puissance et moyen de libération.
 
S’opère en outre un phénomène de contamination puisque son récit singulier englobe d’autres portraits de femmes et fait écho à d’autres voix féminines.

La voix de la femme va s’aventurer dans des espaces interdits. Elle s’invite, par exemple, dans les lieux de sociabilité des hommes.

 
Ainsi, un récit rétrospectif de son enfance nous entraîne sur les marchés et les places où les pères s’affrontent par cailles interposées et où, après le combat, le perdant offre une fille à peine pubère pour solder ses dettes de jeu.
 
Elle pénètre aussi dans les zones enfouies de son propre désir féminin étouffé, avouant ses plaisirs intimes et solitaires et sa soif de les partager accusant l’ignorance des hommes.


Libération physique à laquelle répond l’expression suprême de son affranchissement moral : « Et moi, je suis ta Messagère ! Ton prophète ! Je suis ta voix ! Je suis ton regard ! Je suis tes mains ! Je te révèle ! Al-Sabour !
Atiq RAHIMI est né à Kaboul, en Afghanistan, le 26 février 1962, d’un père germano-afghan et d’une mère afghane, dans une famille aisée, libérale et occidentalisée, très attachée à la littérature classique perse. Il fait ses études dans la ville de sa naissance, au lycée franco-afghan Estiqlal (1) et il a commencé à écrire très jeune : « Dès l’âge de douze ans, et mes premiers poèmes ont été publiés dans des magazines de jeunesse ». A quatorze ans, il découvre Les Misérables de Victor HUGO, en traduction persane : « J’étais fasciné par Jean Valjean, par ces quarante pages consacrées aux égouts de Paris ! ».  Il poursuit ses études à l’Université de Kaboul, en section Littérature et découvre, au Centre Culturel, La Nouvelle Vague, Jean-Luc GODARD, « Hiroshima mon amour », et les films de Claude SAUTET… Mais dans son pays en crise, en particulier depuis l’invasion soviétique en 1979, la guerre fait des ravages ; la terreur et la censure règnent  : « A la fac, un exposé sur CAMUS m’a valu d’être convoqué par le Comité de Jeunesse : « Il est interdit de parler des intellectuels bourgeois », m’a t-on signifié. (Rires). Comme, après l’université, on devait faire quatre ans de service militaire, j’ai choisi l’exil». Atiq RAHIMI se décide donc à quitter son pays en 1984, en pleine guerre afghano-soviétique et, après neuf jours et neuf nuits de marche avec d’autres résistants, il parvient clandestinement au Pakistan. « Il régnait une ambiance très lourde dans les milieux de la résistance. Les services secrets pakistanais recrutaient les gens en fonction de leurs convictions religieuses, les Afghanes exilées devaient porter le voile. Je ne voyais pas ma place là-dedans ». Alors, il demande et obtient l’asile politique en France où il arrive en 1985, « par amour de la littérature et soif de lire. » Il est d’abord hébergé dans un centre d’accueil pour réfugiés, dans l’Eure, à Gaillon, et, même si son français est « livresque », il ne se sent pas étranger. Quelques jours après avoir été consacré par les Académiciens Goncourt pour son quatrième roman, Syngué sabour, Pierre de patience, écrit, celui-là, en français, sa langue d’adoption, Atiq RAHIMI confiait qu’il retournait en Afghanistan « un mois sur deux » : « Je soutiens une chaîne de télévision indépendante, comme consultant et formateur. J’ai lancé un sitcom, intitulé Le secret de cette maison, dont la deuxième saison est en cours.

DISTRIBUTION


Écriture : Atiq RAHIMI
Editions : P.O.L.

Mise en scène : Didier PERRIER
Assistanat mise en scène : Thibaut MAHIET

Interprétation :
Dominique BOUCHÉ
Hélène CAUET
Christelle FERREIRA 

Musique et chant : Chantal LAXENAIRE
Écriture corporelle : Xavier LOT
Scénographie : Olivier DROUX

Lumière : Jérôme BERTIN
Bande son : Hélène COEUR
Costumes : Sophie SCHAAL
Régie : Matthieu EMIELOT

Photographie : Amin TOULORS
Affiche : Alan DUCARRE

Secrétariat : Sylvie BORDESSOULLE
Administration : Marion HARDY
Chargée de diffusion : Marie-Solenne LAFON

 

Partenaires :
Ministère de la culture / DRAC des Hauts-de-France
Conseil régional des Hauts-de-France 
Conseil départemental de l’Aisne
Conseil départemental de l’Oise
Ville de Saint-Quentin
Le Palace de Montataire
MAL de Laon


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REPORTAGE FRANCE3_19/20 DU 10 OCTOBRE 2017