INVASION !


CALENDRIER | DOSSIER INVASION ! | FICHE FINANCIÈRE


 

Invasion !, c’est pour commencer un peu l’histoire du furet : Il court, il court le furet, il est passé par ici, il repassera par-là.
C’est-à-dire une course-poursuite derrière quelque chose, une chose dont on ne sait même pas si elle existe, et, si elle existe quelle est-elle exactement ?
Ici cette chose a un nom et on apprendra au final, que ce nom est celui d’un homme, donc, d’un corps et pas n’importe lequel puisque, démarré au XVIIIe siècle sur les berges de la Sardaigne, avec un Corsaire : Abulkasem.
Ce nom apparaît soudain et traverse la société contemporaine, enfle, change de sens, enfle encore, et cristallise par son étrangeté tous les fantasmes, toutes les terreurs.

La pièce s’achève de nos jours, en Suède, avec l’arrestation d’un présumé terroriste.

 
Invasion ! est une pièce écrite par Jonas Hassen Khemiri, un auteur suédois né d’une mère suédoise et d’un père immigré tunisien. Cette précision s’impose dans la mesure où la question des représentations des immigrés et des étrangers est au coeur de la pièce, qui fonctionne comme un kaléidoscope faisant s’entrecroiser de multiples histoires et personnages, avec pour seul fil directeur un mot : Abulkasem.
La polysémie extrême de ce terme permet d’exprimer et de questionner la richesse qui peut naître de la multiplicité des appartenances et des identités culturelles et cultuelles, mais aussi et surtout les malentendus et les clichés qui entravent les bonnes relations entre les différentes communautés et les différentes cultures en Suède, et entre l’Occident et le monde musulman, au tournant du XXIe siècle.

 

 

 « Abulkasem » : en prononçant ce simple mot, empreint de mystère et d’humour, sur le plateau et dans la bouche de ses acteurs, Jonas Hassen Khemiri jette le trouble. Mot-valise, matière sonore, langue très actuelle, l’auteur propose une variation ludique sur images d’actualité pour créer un maelström de raccourcis, faisant du premier quidam venu un terroriste en puissance.

Le ton de la pièce est vraiment drôle. Le monologue de la fin, lui ne l’est pas du tout. Pourquoi l’avoir placé à la fin ?
Quand on a mis la pièce en scène à Stockholm, le moment où le public a arrêté de rire, c’est le moment que j’aime dans la pièce. Tout à coup, dans la scène avec l’interprète, l’acteur parlait perse. Quand on le fait vraiment avec la langue perse ou arabe, c’est très fort. Au début les spectateurs rient, mais lorsqu’on comprend que c’est la traductrice qui invente les répliques racistes, on est écœuré. J’aime bien cette expression : de blesser avec l’humour. J’aime bien le sourire qui se fige.
Au niveau du mot, est-ce que c’est une réflexion sur le langage ?
Mon père vient de la Tunisie, ma mère est Suédoise. Quand je vivais en Suède, j’avais l’impression que le suédois n’était pas vraiment ma langue. Que le suédois était un peu comme la langue coloniale, la langue de pouvoir… Et quand on jouait avec les mots, quand j’étais petit, c’était aussi pour créer un outil, une appropriation. J’écris des pièces, mais j’ai toujours rêvé d’écrire des romans. C’est une question du roman.
Est-ce que tu as directement souffert du racisme en Suède ?
Il y avait des périodes en Suède qui m’ont touché. Je ne sais pas si vous avez entendu. L’homme au laser. Quand j’avais treize ans, en 91, il y avait un raciste à Stockholm qui a acheté un fusil et il a utilisé un viseur laser et a commencé à tirer sur les hommes d’origine étrangère. C’est intéressant, j’avais treize ans, ça a duré 7 mois.
Aujourd’hui beaucoup de gens ont oublié. Il a tiré sur 11 personnes. Il y en a un qui est mort, c’est une chance qu’il n’y ait pas eu plus de morts. Je me souviens très bien comment est arrivé ce sentiment d’être exclu de l’identité générale suédoise ; Avec ce mec là, ça devient trop visuel. Il y avait des Skinheads à Stockholm qui ont commencé à acheter des viseurs laser et, tout à coup, il y avait des points rouges (du laser) partout à Stockholm. Tout à coup, j’ai commencé à me voir comme pas forcément suédois. Utiliser la langue c’était pour trouver une identité créole.
Abulkasem, en arabe, ça veut dire le père du témoin. Ce que vous dites là et ce que représente le mot, dans sa vraie signification, est tout à fait divergeant.
Oui, j’aime bien ça. C’est un mot avec beaucoup de possibilités. Dans Signora Luna, Dans les Mille et une nuits. C‘est un prénom du prophète. Chirurgien. Comment on peut prendre un mot et le remplir avec beaucoup, beaucoup de sens. Il y a des gens qui ont commencé à utiliser le mot Abulkasem. Il y a un site sur Internet « Abulkasem was here »… Dans le métro, j’ai entendu des rappeurs qui chantaient en disant « si tu ne me crois pas, je vais chercher Abulkasem ».

DISTRIBUTION


Écriture : Jonas Hassen KHEMIRI (éditions Théâtrales), traduit du suédois par Suzanne BURSTEIN en collaboration avec Aziz CHOUAKI

 

Mise en scène : Didier PERRIER
Assistanat mise en scène : Camille FAYE
Interprétation :
Mélanie FAYE,
Gauthier LEFÈVRE,
Thibaut MAHIET,
Laurent NOUZILLE

Scénographie : Olivier DROUX
Lumière : Jérôme BERTIN
Costumes : Sophie SCHAAL
Vidéo : Nicolas SIMONIN
Régie : Matthieu EMIELOT

Photographie : Amin TOULORS
Affiche : Alan DUCARRE

Chargée de diffusion : Marie-Solenne LAFON
Secrétariat : Sylvie BORDESSOULLE
Administration : Marion HARDY


Partenaires :

Ministère de la culture / DRAC Hauts-de-France 
Région Hauts-de-France 
Conseil départementaux de l’Aisne et de l’Oise
Ville de Saint-Quentin (02)
Le Palace de Montataire (60)
MAL de Laon (02)


ESQUISSES DE SCÉNOGRAPHIE



INSTANTS DE RÉPÉTITION