FIEF

Création 2020. Premières représentations du 2 au 6 mars 2020 à la Scène Europe de Saint-Quentin.

CALENDRIER | DOSSIER FIEF | FICHE TECHNIQUE FIEF


NOTE D’INTENTION

Le projet n’est pas de faire une adaptation au sens restrictif du terme, une mise en dialogues du roman. Nous voulons faire du plateau le lieu de notre lecture de Fief, de la densité de la langue, de la puissance de la fable, de l’humanité des personnages.
Le parti pris est d’être Jonas sur scène ; Jonas qui raconte, qui s’entraîne, qui glande, qui picole et fume, qui boxe, qui tue le temps…
Nous voulons trouver un endroit de liberté pour créer un espace qui parle de l’indescriptible violence du monde. Tout en nous appuyant constamment sur le texte, nous chercherons à transcrire les forces qui structurent l’écriture de David Lopez.
Frottement entre réel et la poésie crue, sans fioritures qui traverse le roman.
Sur scène un sac de frappe, un banc de vestiaire, des gants, un pied de micro, un écran, une enceinte amplifiée, une machine à fumée…
Avec le désir de ramener Jonas et les spectateurs au concret de leur présent commun, et de faire que le public et le spectacle appartiennent à la même époque, au même temps, au même lieu.
Didier Perrier



L’histoire
Jonas habite dans une petite ville, « genre quinze mille habitants, entre la banlieue et la campagne« . La ville est coupée en deux. Deux collines qui se font face : d’un côté les tours, de l’autre le quartier résidentiel et ses maisons luxueuses. Entre les deux, le centre-ville et la zone pavillonnaire. Jonas et ses potes sont « des pavillons« . Ni de la cité, ni des quartiers chics. Ni « petits bourges« , ni « cailleras« .
Jonas vit seul avec son père, chômeur, fumeur de shit. Le garçon tout juste adulte navigue entre la boxe, les copains, le spliff, et une fille, à qui il prodigue ses bons soins.
Côté boxe, il essaie de satisfaire son entraîneur, mais il n’a pas suffisamment la niaque pour percer. Côté copains, il a les mêmes depuis toujours : Ixe, Poto, Habib, Romain, Lahuiss, Untel, Miskine, Sucré… Ils ont presque tous des surnoms. Quand ils se voient, ils fument, tout le temps. Ils boivent, parfois. Ils jouent aux cartes, souvent, et ça leur donne l’occasion de s’insulter (gentiment). Il leur arrive aussi de parler philosophie, ou littérature.
Et là, c’est Lahuiss qui prend les choses en mains. Lahuiss, c’est celui de la bande qui est passé de l’autre côté. Il est parti en ville faire des études. Depuis, il est « dans un autre délire« . Il est passé « en mode col roulé, petite veste cintrée, mèche sur le côté, pantalon serré et souliers en cuir ». N’empêche, quand il rentre, « il tchèke et il te dit ouais gros, bien?« . Lahuiss, c’est aussi celui qui « arrive à faire saisir des choses importantes avec des mots de merde« .

Parfois aussi Jonas rend visite à une fille, Wanda, jolie, bien née, qui aime le sexe et aussi s’encanailler. Ça, c’est son jardin secret. Avec ses copains, il lui arrive aussi de s’aventurer dans l’autre monde, une grosse dose d’alcool dans le sang, pour oser sortir du périmètre. Mais la plupart du temps, ils tuent le temps. Ce temps qui ne passe pas. Le shit, l’alcool, pour éviter de penser au lendemain. Un lendemain sans perspective : « Tu fais quoi en ce moment, il demande. Je soupire et je dis bah écoute pas grand- chose, t’as vu, j’suis là, j’attends ». Seigneurs en leur fief, ils campent sur place.
Leur fief, c’est un territoire, et c’est surtout un langage.
Une langue qui claque, brutale, composite, faite de mots d’argot, de verlan, de mots piochés dans les langues d’origine, de blagues, de mots tendres, et de gestes rituels (le tchek, la cigarette ou le joint qu’on « cendre »…).
Elle contient la colère, la joie, l’ennui, la peur, la pudeur, la poésie et l’humour. Leur fief, c’est un territoire, et c’est surtout un langage.
Une langue qui claque, brutale, composite, faite de mots d’argot, de verlan, de mots piochés dans les langues d’origine, de blagues, de mots tendres, et de gestes rituels (le tchek, la cigarette ou le joint qu’on « cendre »…).
Elle contient la colère, la joie, l’ennui, la peur, la pudeur, la poésie et l’humour.


L’auteur
Boxeur, rappeur, mais surtout écrivain, David Lopez signe avec Fief un premier roman puissant et tendu, situé entre ville et campagne. Le jeune homme habitant Nemours, ce n’est peut-être pas un hasard…
Quand il se met à parler, David Lopez ne cesse de bouger. Les mains d’abord, qui suivent sa pensée en séquences rapides, puis tout son corps tendu par la volonté de persuader l’interlocuteur. Ce garçon a fait de la boxe pour « l’esthétisme » que dégage ce sport, alors que chez lui, à Nemours, « tout le monde est foot« . Il lui en reste une élégance du mouvement, une attention portée aux autres pour ne pas se laisser surprendre. Sportif mais aussi rappeur, David Lopez est aujourd’hui l’auteur d’un premier roman, Fief, qui « part de la phrase pour aller vers le sujet« . Le sujet s’appelle Jonas, sa bande de potes, son territoire entre ville et campagne, en zone « périurbaine« .
L’auteur n’est pas allé loin pour piocher dans un quotidien qui ressemble à un aquarium monotone, obsédant, tantôt drôle, tantôt noir. S’il publie son premier livre à 32 ans, David Lopez écrit depuis toujours : « Avant même de savoir lire. J’inventais des dialogues aux bandes dessinées que je feuilletais« . Alors qu’il poursuit des études de sociologie, histoire de s’occuper, David entreprend un master de création littéraire à l’université et désespère ses petits camarades de classe en noircissant tous les jours des pages entières pour en discuter ensuite avec ses profs. C’est là, explique-t-il, qu’il arrête d’embellir volontairement son style. Il en a fini avec la performance comme dans le rap, s’éloigne de la technique pour la technique, et se contentera désormais de « montrer« , d’entrer en immersion par le présent de narration et de trouver ainsi la musique du texte.

Ce qu’il cherche dans Fief, c’est écrire « ce qu’on fait quand on ne fait rien« , c’est aussi montrer sans juger et ne rien imposer au lecteur. Il revendique l’esprit romanesque et la poésie de la langue, faisant la part des choses entre vulgarité et familiarité. Et dit, pour conclure : « le pire, c’est d’être satisfait« .


DISTRIBUTION


Réalisation : Compagnie L’Échappée
Écriture : David LOPEZ (paru aux éditions Seuil et Points), prix du livre Inter 2018
Mise en scène / Adaptation : Didier PERRIER
Adaptation : Gauthier LEFÈVRE
Interprétation : Pierre VIGIÉ
Assistanat mise en scène / Vidéo : Thibaut MAHIET
Mise en corps : Maud MARQUET
Lumière : Jérôme BERTIN
Construction décor : Alexandrine ROLLIN
Création sonore : Pierre TANGUY
Photographie : Amin TOULORS
Affiche : Alan DUCARRE
Diffusion : Marion SALLABERRY
Administration / Production : Laure STRAGIER
Secrétariat / Communication : Sylvie BORDESSOULLE


Soutien :

Drac Hauts-de-France
Ministère de l’éducation nationale / Rectorat d’Amiens
Région Hauts-de-France
Conseil départemental de l’Aisne
Ville de Saint-Quentin (02)
Ville de Reims (51)

Partenariat :
Scène Europe / Saint-Quentin (02)
Laboratoire chorégraphique / Reims (51)
Le Salmanazar / Épernay (51)
Ferme théâtre de Malvieille / Moulidars (16)
Espace Le Fambeau / Reims (51)
Maison des Arts et Loisirs / Laon (02)
MJC Calonne / Sedan (08)


INSTANTS DE RÉPÉTITIONS



TEASER FIEF (1) 1:21