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LES DAMES BUISSONNIÈRES


DOSSIER


 

Une administration vide – et des femmes – On dit parfois des cas sociaux – Mais des femmes tout simplement. Des femmes au bord de l’abîme. Pleurant,  riant,  hurlant – en un jour de plein été qui les a réunies au hasard d’un temps  d’attente –  Un temps qui leur donnera enfin la force d’entrer en résistance – de désordonner l’ordre rassurant des choses –  Histoire qu’on ne les  gomme pas du monde.

 

Note de l’auteure

Vous avez froid – cher monsieur ?
Chère madame – vous avez faim ?
Vous cherchez quelque chose – ou quelqu’un ?
Vous souhaitez une aide – un conseil ?

On leur pose des questions, et leurs réponses dérangent.
On leur sourit et leur colère irrite.
On les évoque on les met au cœur du débat, puis on s’en éloigne –
Élégamment.
Ils sont un reproche – pis encore – une impolitesse.
Ils gênent.Les misérables, au sens hugolien du terme – gênent.


Je les ai rencontrés.


J’ai aimé leurs rires, leur confiance, leurs cris, leurs doutes, l’amour dont ils débordent. J’ai aimé leurs histoires et leur maladresse à les dire puis surtout à les écrire. J’ai aimé leur joie de ces retrouvailles , de ces mercredis passés ensemble dans la pluie ou le soleil. Temps passé à dire, à tenter de trouver les mots pour dire, à s’émerveiller d’inventer ces mots enfouis au fond d’elles-mêmes…


Puis je me suis retrouvée seule, et alors, riche moi-même de ces mercredis volés au temps, j’ai inventé Coline, Cathy, Marie, Andrée.


Mais je sais qu’elles existent.

Je sais bien qu’elles crient dans le vide, qu’elles se battent dans des souffles qui tentent d’articuler leur parole refoulée, qu’elles mesurent à quel point leurs secrets sont encombrants, qu’elles se découragent de la surdité des « grands ».


Quels « grands » ?
Les dirigeants ? Les fortunés ? Les chanceux ? Les philosophes ?
Où ont-ils planqué leur grandeur ?
Au fond de leur hypocrisie ?


Si le théâtre a gardé encore un peu de sa noblesse,
S’il peut encore un tant soit peu émouvoir les consciences sans les perdre dans une pitié molle,
Je voudrais –


Que mes histoires soient la chambre d’écho de leur colère, mais aussi de leurs révoltes et surtout de leurs espoirs.
Que les bureaux et les cœurs s’ouvrent aux détresses du monde.
Que monsieur le maire entre dans l’hôpital et y tienne enfin ses promesses.


Que tous les petits à naître puissent s’appeler Victoria.

Note du Metteur en scène

Souvent on me demande : « Pourquoi faites-vous du théâtre ? »


Selon les pièces et les secrets qu’elles m’opposent je pourrais répondre :


Pour exister plus fort
Pour être étonné
Pour avoir des amis
Pour ne pas mourir


Mais à ces bagages de réponses il faudrait en ajouter une qui est sans doute plus essentielle et plus constante :
« Pour donner la parole à celles et ceux qui, en marge, ne sont ni regardés et écoutés »
C’est cette dernière raison qui fut pour moi le déclenchement de mon engagement théâtral.
Mais ce n’est pas ce que l’on veut dire qui est « dur », c’est « comment » le dire comme on « veut » le dire.


Pour cela il faut trouver les compagnes et les compagnons de route, de travail, de doute et de recherche.


Ce désir de faire sortir du « ghetto-silence-anonymat » ceux que la vie emprisonne et accable, Mariane Oestreicher-Jourdain l’a chevillé au corps. Dans ses pièces authentiques et fortes, ancrées dans des préoccupations contemporaines, elle nous mène dans le dédale de la réalité froide et coupante qui court les rues, les hôpitaux, les chambres des familles maltraitées par le destin…

Simple photocopie de la vie ? Calque ? Reportage ou reconstitution ? Evidemment non.
Partant de situations réelles, Mariane bifurque au fur et à mesure et échappe au piège du naturalisme.


Elle accompagne ses héroïnes et ses héros qui, trop heureux de cette écoute attentive, se livrent sans compter parce que le cœur parfois est trop lourd à porter. Ou le ventre. Ou le vide.
Mis ainsi en lumière ils laissent libre cours à leur imagination et une sorte jubilation les saisit qui donne naissance à leur parole enfin conquise, enfin libérée. Ce sont « elles » et « eux » qui font la pièce.


Et cette parole, Mariane en fait une parole particulière et transfigurée, une parole de « théâtre » .


Les Dames buissonnières dernier volet de notre trilogie autour de La Parole des gens de peu
en est une fois de plus l’illustration. C’est une pièce subtile et sensible. Avec son écriture claire, riche sans lourdeur, dénonciatrice sans emphase, tendre sans maniérisme,
Mariane nous entraîne  dans le monde impitoyable de l’administration où les quatre personnages vont manifester de manière très belle et originale un désir de vie puissant et réjouissant.


Une œuvre qui fait rire et pleurer, qui éveille et réveille.
Une pièce qui aide à vivre…

 

 

DISTRIBUTION


 

Auteure : Mariane OESTREICHER-JOURDAIN
Mise en scène : Didier PERRIER
Interprétation : Dominique BOUCHÉ, Chantal LAXENAIRE, Catherine PINET, Hélène TOUBOUL


Scénographie : Olivier DROUX
Musique : Chantal LAXENAIRE
Bande son : Hélène CŒUR
Mise en lumière : Adeline DUJARDIN
Costumes : Au fur et à mesure
Photographie : Amin TOULORS
Affiche : Olivier DROUX


Partenariat :
La MCL de Gauchy,
le Palace de Montataire,
la Maison du Théâtre d’Amiens,
les Communautés de Communes du Pays de la Serre,
du Pays Sources et Vallées et de la Champagne Picarde,
le Réseau Picardie…

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